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Construire une écologie populaire : quels enjeux pour 2020 ?

Construire une écologie populaire : quels enjeux pour 2020 ?

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L’écologie est un sujet qui touche encore une frange de la population trop limitée

Avant de partir pour Buenos Aires, je me suis rendue à une série de conférences organisée, entre autres, par le média indépendant Le Vent Se Lève.

Le thème ? Construire une écologie populaire. Ou comment construire un projet de transition écologique concret et qui implique l’ensemble des différents groupes de notre société. Vaste sujet, passionnant, nécessaire

Pourquoi est-ce une question fondamentale ? Je ne vais probablement rien vous apprendre en le répétant : si on veut assurer un futur viable à notre planète et aux êtres qui l’habitent, nous devons changer nos modèles.

Cette transition ne se fera pas en un jour. Mais surtout, elle ne pourra se faire que si elle est portée par le plus grand nombre. Et nous en sommes encore loin. 

Aujourd’hui, en France, la cause écologique ne touche encore qu’une partie de la population. Il suffit de se rendre à quelques conférences sur le sujet pour s’en apercevoir : 90% des personnes qui y assistent sont déjà convertis et bien avancées sur le sujet. J’en parlais déjà dans un article au début de l’année.

Pas de méprise, je trouve ça très bien de débattre entre écologistes aguerris. Mais il y a une vraie question à se poser sur la meilleure façon de convaincre et d’embarquer toutes les couches sociales de notre société, notamment les plus modestes.

Entendre les incertitudes des classes populaires

À première vue (et même d’un peu plus près), la réponse pas évidente

D’un côté, en faisant preuve d’un peu d’empathie, on imagine facilement qu’une personne qui lutte chaque fin de mois pour assurer la survivance de sa petite famille ait d’autres choses à penser que de sauver la planète

Pourtant, ce sont ces catégories les moins favorisées qui seront les plus touchées par les changements climatiques à venir. Ce sont également ces mêmes catégories qui constituent une majorité des individus de notre société. On ne peut donc pas se passer de leur implication, de leurs propositions et de leurs actions. 

Ainsi, elles doivent être totalement intégrées dans la lutte contre le dérèglement climatique. Lorsque je dis intégrées, j’entends que leurs problématiques doivent être entendues, leurs incertitudes prises en compte et leurs intérêts représentés.

Autrement dit, pour se répandre, la cause écologique ne peut plus être uniquement incarnée par un mode de vie citadin/bio/écolo/végétarien auxquelles seules les CSP+ ont accès. 

Il faut imaginer d’autres façons d’impliquer la population. 

Sensibiliser à l’environnement dès l’enfance

La conscience et la protection de l’ environnement sont des valeurs qui selon moi doit être transmises dès la petite enfance. 

En France, on commence à parler de développement durable à l’école primaire. Et encore, selon les établissements et les professeurs, ça varie beaucoup. Mais nous devrions commencer plus tôt. Je crois qu’un tel changement de modèle passe par un changement des comportements et des enseignements (presque) dès la naissance. 

C’est le cas pour de nombreux sujets de société. L’égalité homme-femme par exemple. Vous allez me dire que cela n’a rien à voir. En réalité, je crois que la question de l’égalité des Hommes est une question profondément liée au développement durable. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet dans cet article 😉 

Développer la voie d’un patriotisme vert 

Cette idée est celle de Lenny Benbara, fondateur du média Le Vent Se Lève

De la conférence, j’ai trouvé que c’était celui qui avait la vision la plus concrète et novatrice

Son constat : les classes populaires sont sensibles aux discours qui leur promettent de les protéger de la mondialisation et en finir avec les élites en place. Ce patriotisme anti-élite se développe à travers les partis d’extrême. 

Sa solution : fédérer le peuple autour d’un patriotisme vert. Cela permettrait d’une part de faire de l’écologie un enjeu (vraiment) central des politiques envisagées et ainsi, d’en faire un objectif commun. D’autre part, que la France fasse preuve d’exemplarité dans la lutte contre les changements climatiques, et en fasse ainsi un élément de fierté nationale

Comment procéder ? Pour Lenny, il faut créer des ponts entre le social et l’écologie. Il faut se connecter aux éléments les plus communs du sens populaire, avec en 1er lieu, la protection. Pour que des mesures écologistes (comme la taxe carbone, par exemple) soient acceptées par les classes les plus modestes, l’Etat doit offrir des alternative viables à ceux qui subissent les conséquences économiques de telles mesures. 

Si le sujet vous intéresse, je vous encourage vivement à aller lire son article complet ici

Participer au changement au niveau local

Une dernier point dont je n’avais pas conscience avant d’assister à cette conférence. En France, 70% des décisions qui peuvent contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique se font au niveau des collectivités territoriales

Les municipales approchant (mars 2020), je vous encourage à faire attention à cet enjeu lors de la campagne et à aller voter afin que nos villes prennent des décisions qui vont dans le bon sens

Pour l’exemple, voici certaines des mesures qui ont été prises par la mairie de Grenoble ces dernières années en matière de lutte contre la pollution

Merci d’avoir lu cet article. S’il vous a plu, vous pouvez : 

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