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Grands groupes : Comment attirer et retenir les talents ?

Grands groupes : Comment attirer et retenir les talents ?

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Le 31 janvier dernier, je me promenais dans les allées du 104, à l’occasion de la MaddyKeynote 2019, évènement annuel organisé par Maddyness.

Plongée en 2084, je me prépare pour une série de conférences & ateliers futuristes sur le bien-être, le travail et la consommation.

J’ai alors deux objectifs en tête :

  • Assister à certaines conférences sur le monde du travail de demain
  • Découvrir de nouvelles entreprises préoccupées par leur impact sur le monde

Je souhaite vous partager quelques réflexions en lien avec la réorganisation qui doit s’opérer dans les grands groupes.

Le choix de l’entrepreneuriat

En freelance ou par la création d’une entreprise, on s’aperçoit que les jeunes talents se tournent de plus en plus vers l’entrepreneuriat. Le modèle classique du salarié en CDI ne fait plus rêver.

Conscients du challenge, de plus en plus d’entreprises remettent en question leur organisation et méthodes de travail.

Dans ce contexte, comment les grands groupes peuvent-ils encore attirer les talents de demain ? A quoi ressemblera l’entreprise qui les retiendra ? Quels sont les éléments essentiels pour cette génération (dont je fais partie) en quête de sens et de nouveaux défis ?

Pour répondre à cette question, explorons différents axes de réponse :

  • Repenser l’environnement de travail
  • Former ses collaborateurs et diversifier les statuts
  • Revoir en profondeur structure et management

Repenser l’environnement de travail

Les clichés autour des jeunes et du monde des startups ont la vie dure. Néanmoins, beaucoup ont aujourd’hui compris que l’espace billard/babyfoot est attrayant, mais pas suffisant.

Les moyens et outils numériques à disposition

Maxime Guirauton, Directeur Marketing Europe chez Samsung Electronics, nous confie que lors des entretiens d’embauche de son entreprise, la question des outils numériques mis à disposition du collaborateur est celle qui revient le plus souvent.

Plus qu’un billard, un Product Designer est attiré par les derniers logiciels en vogue qu’il pourra utiliser.

De plus, en grands groupes, vous avez l’avantage de bénéficier de budgets souvent importants. Profitez-en !

Prévoir des espaces d’échange et de collaboration

Si le baby-foot n’est pas indispensable, concevoir un espace de travail propice à la collaboration semble l’être. Aujourd’hui, les grandes entreprises manquent d’espaces communs conçus pour favoriser les échanges.

Il y a mille et une idées à trouver pour rassembler des collaborateurs autour d’une thématique ou de valeurs communes.

A ce propos, laissez-moi vous présenter le Baromate, un potager ludique, collaboratif et autonome, qui bénéficie autant aux équipes qu’à la protection de l’environnement.

Renforcer la liberté et l’autonomie dans le travail

Les bénéfices du télétravail (ou remote) ne sont plus à prouver.

Selon la dernière grande étude menée par Buffer sur le sujet, ce qui intéresse le plus les télétravailleurs (à 92%) est la flexibilité horaire qu’offre ce modèle.

Rien ne prouve qu’un salarié est plus efficace en travaillant de 9h à 18h du lundi au vendredi. Au contraire. Et rien n’empêche de revoir ce modèle.

Bien sûr, plus de flexibilité implique une réorganisation et un cadre paradoxalement assez rigoureux.

Et si vous proposiez à vos salariés de partir chaque année 1 mois dans un pays de leur choix pour s’essayer au remote ?

Former ses collaborateurs et diversifier les statuts

L’importance de la formation continue

Dans les grands groupes, les postes sont encore très cloisonnés. Vous êtes à tel poste donc votre semaine est composée de telles tâches, et la suivante lui ressemblera.

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes talents sont tentés de s’entreprendre car cette façon de concevoir leur travail ne leur convient pas. L’entrepreneuriat leur permet de mettre du sens dans leur quotidien et de continuer de se former sur ce qui les intéresse le plus.

Je suis convaincue que la formation en entreprise est essentielle. Les candidats doivent ressentir qu’ils vont grandir et s’épanouir avec et au sein de l’entreprise.

Reste à voir si l’impulsion doit venir d’en bas ou d’en haut. A titre personnel, je pense que c’est aux responsables d’initier le mouvement, et de porter cette vision-là.

Mélanger freelances et salariés pour créer de l’innovation

La transformation digitale des entreprises est en route. Or, beaucoup de millenials, tout juste sortis d’étude ou presque, font le choix du travail indépendant. Les freelances sont de plus en plus nombreux. Parmi eux, on trouve de nombreux profils digitaux très recherchés (Data Scientists, UX Designer, Développeur,…).

En freelance, être à la pointe sur les dernières tendance de son domaine est essentiel.

Ces talents, qui n’adhèrent plus au modèle classique de l’entreprise, peuvent néanmoins apporter beaucoup aux grands groupes : vision, organisation, connaissance, innovation.

Mélanger les statuts devient indispensable. Et c’est très bien comme cela. Pourquoi ? Les compétences se croisent entre des profils plus diversifiés : c’est cela qui crée de l’innovation.

Aujourd’hui, cherchez donc un profil, indépendamment de son statut.

Revoir la structure et le management en profondeur

Les bénéfices d’une structure horizontale

L’organisation qui prévaut encore dans les grands groupes a besoin d’être revue. Il est temps d’enterrer la structure pyramidale.

Le « mode projet », modèle plus horizontal, fait ses preuves depuis des années. Il s’inscrit dans une logique de transversalité entre les différents services qui permet une collaboration et un échange entre les différents corps de métiers.

Cette possibilité, pour un collaborateur, de sortir de ses tâches habituelles lui permet à la fois de prendre confiance et de renforcer sa motivation.

Un management prônant la responsabilisation

Ce reportage de Welcome to the jungle sur les qualités d’un bon manager l’explique très bien.

On y apprend qu’une enquête de l’institut Gallup de 2017 place la France au dernier rang des pays européens en terme d’engagement des salariés. Or, ce même rapport montre que 70% de la variation de l’engagement d’un salarié est due au rôle du manager.

Selon des coachs et professionnels, le nouveau management passe notamment par la responsabilisation des équipes.

La confiance est primordiale est c’est ce qui a l’air de manquer en France entre le manager et ses collaborateurs. Alors, plutôt que de passer du temps à les contrôler, mieux vaut bien les sélectionner.

Maxime Guirauton pense qu’un collaborateur est plus motivé s’il est face à des obligations de résultats plutôt que des obligations de moyen.

Le contrat de travail doit arrêter d’être perçu comme un accessoire. Le challenge d’atteindre des objectifs ambitieux est un moteur pour tous.

Une question de génération ?

Nous entendons souvent parler des millenials comme de ceux qui vont révolutionner les entreprises.

Ok. Ce sont bien les jeunes générations qui possèdent généralement les dernières compétences du digital. En revanche, la question d’attirer et de retenir les talents se situe davantage au niveau organisationnel et RH de l’entreprise.

Souhaitons-nous attendre que cette génération soit à la tête de ces services pour les transformer ?

Je ne pense pas. Pour réussir leur transformation digitale, toutes les entreprises, grands groupes compris, doivent revoir leur modèle dès maintenant. Celles qui ne s’y attacheront pas ne réussiront pas à convaincre les talents de les rejoindre.

Et n’oublions pas que l’entreprise n’est pas une entité abstraite. Ce sont des hommes qui en sont à la tête. Partant de là, tout changement est possible.